Paris / M. Walid al-Mouallem, ministre syrien des affaires étrangères, a affirmé que la Syrie passerait aux négociations directes avec Israël quand les négociations indirectes, qui se déroulent sous auspices turques, parviendraient à établir une plate-forme commune; et qu'alors, les négociations directes nécessiteraient des garanties américaines, d'un rôle européen qui pourrait être représenté par la France, et aussi d'un rôle de la Russie et des Nations Unies.
"Les négociations indirectes avec Israël, sous intermédiation de la Turquie, visent à établir une plate-forme commune", a indiqué M. al-Mouallem lors d'une rencontre aujourd'hui à Paris avec un groupe d'intellectuels, de chercheurs et de journalistes, arabes, français et européens, auxquels il a parlé des constantes de la politique syrienne envers les causes de la région et les variantes régionales et internationales.
Rappelant que pour la Syrie le retour du Golan "tout entier" est une question qui ne saurait faire objet de marchandage, M. al-Mouallem a souligné que la Syrie avait obtenu du Premier Ministre Turc, M. Recep Taiyyp Erdogan, des garanties sur la disposition d'Israël de restituer le Golan. Il a insisté à cet effet qu'il est nécessaire de fixer les éléments d'un accord de paix et d'être sûr de la volonté de faire la paix et de la sûreté de la situation d'Israël qui souffre de divergences internes.
A propos de la situation palestinienne, M. al-Mouallem a commencé par indiquer que le président al-Assad recevra la semaine prochaine le président Mahmoud Abbas à Damas, soulignant que la Syrie déployait de grands efforts en vue de la réconciliation palestinienne, du rétablissement de l'action palestinienne commune et d'une solution juste et globale de l'affaires palestinienne.
Il a évoqué les souffrances des Palestiniens à Gaza à l'ombre du blocus et la situation inhumaine qui leur est imposée, et affirmé que la Syrie avait accueilli favorablement l'accalmie entre Hamas et Israël.
Questionné sur le piétinement de la formation du gouvernement au Liban, M. al-Mouallem a dit: "Je ne suis pas libanais pour fixer une date à la formation du gouvernement libanais; mais comme Syrien et voisin du Liban frère, je souhaite que les Libanais parviennent, aujourd'hui plutôt que demain, à un accord sur la formation du gouvernement".
Et à la question de savoir si la France avait posé à la Syrie la condition de s'éloigner de l'Iran, M. al-Mouallem a indiqué que la Syrie, et l'Iran, désirait chacun d'établir les meilleures relations avec la France, et que seul le dialogue constructif et objectif est de nature à régler tous les problèmes en suspens.
"La Syrie d'accepte pas les diktats; elle n'avait pas exigé l'éloignement des Etats-Unis d'Israël et le président Sarkozy n'avait pas exigé de la Syrie de s'éloigner de l'Iran", a-t-il conclu.
Gh.H.