Damas / Une réunion a rassemblé aujourd'hui à Damas le président Bachar al-Assad et ses hôtes l'Emir de Qatar, Cheikh Hamad bin Khalifa Al Thani, le président français Nicolas Sarkozy, et le Premier Ministre de Turquie, M. Recep Tayyip Erdogan, qui y ont discuté de l'ensemble des questions soulevées au début de la séance par le président al-Assad, soit les négociations indirectes avec Israël avec médiation de la Turquie, la situation palestinienne et au Liban, le dossier nucléaire iranien, l'Irak, le conflit avec la Géorgie, et la question de Darfour.

Après avoir salué ses hôtes, le président al-Assad a exposé les deniers développements des négociations indirectes entre la Syrie et Israël, soulignant l'importance de la venue d'une administration américaine favorable à ce processus pour aider à le propulser, conjointement avec le rôle français et celui de la Turquie qui resterait, a-t-il affirmé, le partenaire essentiel dans ce processus à cette étape et aux étapes qui suivraient.
Le président al-Assad a insisté sur la nécessité de ne pas oublier le volet palestinien, "vital" pour la paix juste et globale dans la région, "or, nous désirons réaliser la paix et non un accord de paix".
Il a affirmé que la Syrie et le Liban étaient d'accord sur l'entrée du Liban à ce processus à l'étape des négociations directes.
A propos du Liban, le président al-Assad a souhaité la coopération de tous les Libanais dans l'intérêt de leur pays.
Au sujet du dossier nucléaire iranien, le président al-Assad a dit: on est à la recherche d'une solution pacifique à cette question et nous continuerons notre coopération avec la France et avec les Iraniens dans ce sens.
Au sujet de l'Irak, le président al-Assad a insisté sur le fait que la solution dans ce pays se ferait au moyen d'un dialogue national entre toutes les factions en Irak, renouvelant l'appui de la Syrie au processus politique en Irak et sa collaboration avec la Turquie dans ce sens et appelant à une coopération plus étroite entre les pays voisins de l'Irak.
Le président al-Assad a affirmé l'appui de la Syrie aux efforts du président français pour le règlement du conflit avec la Géorgie, affirmant qu'on ne veut pas un retour à la guerre froide.
A propos de Darfour, le président al-Assad a avertit que la partition du Soudan conduira à la partition de toute la région, affirmant que la Syrie entreprenait ses contacts pour le règlement de ce problème.
Les quatre dirigeants ont tenu ensuite une conférence de presse au cours de laquelle président al-Assad a exposé les questions débattues par les quatre dirigeants et affirmé que la situation n'est pas si sombre qu'on le pensait, que des points de lumière apparaissaient "nous incitant à nous rencontrer intensivement pour les faire s'étendre de crainte de les voir disparaître".

Soulignant que le thème de cette réunion était la stabilité; "et dire stabilité c'est dire la paix", a-t-il fait noter, le président al-Assad a mis l'accent sur le désir des leaders rassemblés de voir la stabilité et la paix régner.
"Cheikh Hamad et son pays travaillaient loin des lumières en faveur de la paix; le président Sarkozy est enthousiasmé à ce que la France et l'Europe aient un rôle actif au processus de paix, et la Turquie est parmi les rares pays ayant joué un rôle sérieux dans ce sens et le seul à réussir de lancer les négociations indirectes à un moment où la paix semblait si loin qu'on n'avait point idée même d'y penser", a-t-il précisé, saluant les efforts de la Turquie, et de M. Erdogan dont la crédibilité était à l'origine de la réalisation de la médiation turque, et affirmant que la France pourrait en effet jouer une rôle actif aidant les Etats-Unis "qui connaissaient moins la région".
Le président Sarkozy a dit: Nous travaillons pour la paix dans la région, et je suis heureux d'avoir contribué à ce sommet et d'être réuni avec des hommes qui pourraient bien avoir des idées divergentes mais qui tous travaillaient pour la construction de la confiance et de la paix", affirmant que son pays serait heureux de jouer son rôle dans ce sens.
L'Emir de Qatar a affirmé, en réponse à une question, le refus de tout conflit entre les pays du Golfe et l'Iran, soulignant qu'en sa qualité de président de la CCG, son pays centre ses efforts sur la sauvegarde de la sécurité, de la stabilité et de la prospérité de cette région.
"Le seul pays du Golfe ayant un problème avec l'Iran c'est L'Etat des Emirats Arabes Unis, et celui-ci avait les plus solides relations économiques avec l'Iran", fait-il noter.
M. Erdogan, questionné sur les négociations indirectes, a affirmé que ce processus se poursuivrait, se disant satisfait des résultats des 4 premières étapes de négociations indirectes.
Gh.H.