02 Oct 2007
Damas / Le président Bachar al-Assad a affirmé que la Syrie ne participera pas à la conférence de paix, prévue en novembre prochain, si cette conférence ne discute pas des territoires syriens occupés "il n'y aura aucune raison pour la Syrie d'y aller".
Dans une interview accordée à la chaîne de télévision britannique BBC World, le président al-Assad a affirmé que si les critères de cette conférence ne vont pas en harmonie avec nos intérêts et s'ils ne répondent pas à nos revendications, "la Syrie n'ira pas".
Le président al-Assad a affirmé que la conférence de paix devrait avoir un objectif et traiter avec les questions essentielles dans la région, revendiquant davantage de clarifications sur les objectifs de cette conférence pour que la Syrie puisse prendre une décision d'y participer.
"Les responsables américains avaient fait la navette dans plusieurs pays et durant 10 mois pour préparer à la conférence de Madrid en 1991, mais cette fois-ci ils ne sont allés à aucun pays", a fait noter le président al-Assad.
Le président al-Assad a souligné que les Américains devraient chercher une autre façon pour traiter avec la Syrie et prendre en considération ses intérêts dans la région.
Evoquant le dernier raid israélien contre la Syrie, le président al-Assad a affirmé que la récente violation israélienne de l'espace aérien syrien reflète clairement la position essentielle d'Israël hostile à la paix, soulignant que la Syrie se réserve le droit d'y riposter de différentes façons.
"Riposter ne veut pas dire missile contre missile ou bombe contre bombe", a déclaré le président al-Assad, affirmant que si la Syrie ripostait militairement, elle l'aurait agit suivant l'agenda israélien, "la chose que nous rejetons".
Le président al-Assad a affirmé que les avions israéliens ont bombardé un bâtiment miliaire désaffecté "où il n'y avait aucune personne et aucun soldat", soulignant que le seul message que la Syrie en a reçu c'est que les Israéliens ne veulent pas la paix.
Répondant à la question si la Syrie établit une coopération nucléaire avec la Corée du nord, le président al-Assad a affirmé que la Syrie établit des relations avec la Corée du nord, "mais la Syrie ne s'intéresse pas aux activités nucléaires, y compris celles pacifiques".
"Nous n'avons même pas des réacteurs pour la reproduction de l'électricité ou pour d'autres utilisations pacifiques", a indiqué le président al-Assad, estimant que si les avions israéliens avaient bombardé un projet nucléaire, comme ils le prétendent, serait-il logique que le réacteur présumé n'avait pas dégagé des radioactifs? , c'est impossible".
Questionné sur l'ambiguïté entourant ce sujet, le président al-Assad a insisté sur le fait que la Syrie a tout dit aux médias.
Répondant à une question si la Syrie comptait préparer une frappe militaire contre Israël, surtout avec le réarmement de la Syrie après la dernière guerre contre le Liban et du renforcement de son système de missiles au Golan syrien, le président al-Assad a affirmé que c'est possible, mais nous n'allons pas dire qu'il est notre option.
"C'est pourquoi, nous avons une armée pour défendre nos territoires, et nous ne construisons pas une armée pour déclencher une agression, mais pour défendre notre pays et c'est normal, notamment après la dernière guerre contre le Liban".
Questionné s'il voit à l'étape actuelle un espoir pour la reprise des pourparlers de paix avec Israël, le président al-Assad a estimé que "oui" si les Israéliens changent leur conduite, soulignant que parler de la paix a besoin d'une troisième partie qui sera un médiateur honnête, étant les Etats-Unis, et ce médiateur n'existe pas actuellement.
"L'administration américaine actuelle ne s'intéresse pas à la paix "et il est impossible d'aller en avant en ce qui concerne la paix sans les Etats-Unis", a dit le président al-Assad.
Répondant à la question si la Syrie veut déstabiliser le Moyen-Orient, selon les dernières déclarations de Mme Rice, le président al-Assad a affirmé que ce n'est pas la Syrie qui avait déclenché une guerre contre l'Irak et qu'elle n'était pas la cause des derniers problèmes au Liban, insistant sur le fait que la Syrie cherche à instaurer la stabilité dans la région.
Le président al-Assad a affirmé que la Syrie ne mise pas sur un président quiconque ou une administration, indiquant qu'elle mise sur les politiques, ajoutant que la Syrie a perdu la confiance en l'administration américaine actuelle, "nous ne croyons pas qu'elle œuvre pour la paix et qu'elle ont tiré des leçons de la guerre contre l'Irak".
Le président al-Assad a affirmé que la Syrie paie chère le prix du désordre en Irak, rappelant qu'il y a plus d'un million et demi des réfugiés irakiens en Syrie.
Le président al-Assad a estimé que le problème en Irak est "politique", "s'il n'y a pas un processus politique réel en Irak, le désordre y déploiera et par conséquence les terroristes y trouvent une "terre fertile".
Le président al-Assad a rejeté catégoriquement "une bloque totale" des frontières avec l'Irak ou le Liban, le qualifiant d'"illogique", rappelant que les Etats-Unis n'ont pas pu fermer leurs frontières avec le Mexique.
"Il est normal que nous voudrions contrôler nos frontières, mais il n'y a aucun pays qui peut contrôler ses frontières complètement", a affirmé le président al-Assad.
A propos du Liban, le président al-Assad a affirmé que la Syrie œuvre pour l'instauration de la stabilité au Liban "parce que la Syrie a payé cher à cause de la guerre civile déclenchée dans les années /70/ et /80/ au Liban".
Le président al-Assad a souligné que la Syrie soutient la concordance au Liban et toute unanimité sur une question quelconque "il est de notre intérêt que le Liban soit stable".
Le président al-Assad a affirmé qu'il est normal que la Syrie a une influence au Liban, "car le Liban est un pays voisin et la Syrie établit de bonnes relations avec lui".
Questionné sur les auteurs des assassinats au Liban, le président al-Assad a affirmé que nous ne savons pas l'auteur des assassinats, "la question qui se pose ici si la Syrie a profité de ces assassinats et la réponse "non", c'est le camp hostile à la Syrie qui est le bénéficiaire de ces assassinats et non pas la Syrie".
Concernant le Golan syrien occupé, le président al-Assad a affirmé que la Syrie récupérera tôt ou tard ses territoires occupés au Golan, "il n'y aura pas d'autres options".
Le président al-Assad a affirmé que la Syrie avait déployé des efforts pour la sauvegarde de bonnes relations avec la superpuissance, les Etats-Unis, "mais ce sont les Etats-Unis qui avaient fermé les oreilles".
Le président al-Assad a démenti le fait que la Syrie est isolée. "Est-ce qu'ils peuvent résoudre les problèmes dans la région sans la Syrie? Ils ne peuvent jamais isoler la Syrie".
Le président al-Assad a affirmé que la Syrie ne marchandera pas ses droits ou ses intérêts, "nous ne réagirons pas conformément à l'intérêt des autres, nous réagissons avant tout selon nos intérêts".
Le président al-Assad a souligné que si la paix globale serait établie, aucun problème n'aura pas avec le Hezbollah, Hamas, la Syrie ou l'Iran.
R.Jorf